La Petite fille de la terre noire (Geomen tangyi sonyeo oi)

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La Petite fille de la terre noire (Geomen tangyi sonyeo oi) de Jeon Soo-il (Corée du Sud, 2007, 89mn).

Un « mélodrame social » qui ne sombre pas dans le misérabilisme pour deux aspects : la double lecture qui émane de son fond et de sa forme.

Fond et forme

Le contexte socio-économique

Style quasi documentaire.

L’impossibilité

  • Tentative pour sortir de sa condition
    • Le père ne peut pas retourner à la mine
    • Il ne peut pas la quitter non plus (fusion avec la terre noire [glissement, eau de la rivière, ongles…], maladie, statut social (le réconfort du cadre au téléphone mobile, l’altercation avec le riche touriste, l’ouvrier regardant les hommes chanter dans le restaurant)
  • Tentative pour fuir la ville
    • Isolement psychologique de la petite fille (père prisonnier du passé [les chants] et de l’alcool, frère prisonnier dans son handicap)
    • Isolement physique (nombreuses voies de passage [routes, bus, train] dont on ne sait jamais l’origine ni l’issue / sur-cadrage par les nombreuses portes et volets / plan tremblant [en lutte] mais généralement fixe et long [la difficulté de couper = la difficulté de se couper] / l’identité à la fleur [qui ne peut vivre que liée à la terre > plan de la fleur de neige dans la terre noire]

Climat chaleureux du début = routes circulaires et chants d’enfant / climat tragique de fin = routes fuyantes et silence pesant

Sséquence de la cloche : Le frère va sonner la cloche comme sa sœur sonne la petite qu’elle possède. La tentative d’un appel au secours / le son des cérémonies et des rassemblements (la tentative de rassembler face à la dispersion) / la volonté des hauteurs.

Volonté des hauteurs VS la descente de la montagne : une diagonale vers le bas ; du blanc de la montagne au noir du village ; le piano et la contrebasse ; le tintement franc et répété du bronze de la cloche contre la musique faible et éparpillé (quoi de mieux que des cordes pour se pendre ?)

Double lecture

Une tragédie sociale et familiale (brochure du cinéma Lux)

L’univers du conte (Thomas Lefebvre)

  • Un univers à part du monde / la quête initiatique / la salle aux chatons
  • Un dualisme graphique et symbolique (la neige blanche et la terre noire / le sol et le ciel)
  • Ceux qui partent et ceux qui restent / ceux qui réussissent et ceux qui échouent (les gens mais aussi les deux Corées) (SEPARATION)
    MAIS la famille de Young-lim est dans l’entre-deux (FRICTION) : un père qui n’est pas VRAIMENT malade ; un frère qui n’est pas VRAIMENT un enfant [un corps de 10 ans et un cerveau de 3 ans]
    DONC il faut positionner et se sacrifier : le frère est placé dans un institut où il joue aux cubes ; le père est empoisonné.

Young-lim à l’arrêt de bus (en plan de demi-ensemble, fixe / entrée puis sortie d’un train en arrière-plan, entrée puis sortie du bus en avant-plan > Y-l entre les deux, et qui n’embarque dans aucun) > idem plan de départ dans le miroir (Y-l se place entre son reflet et la voix qui l’appelle [la mère absente à laquelle elle s’est substituée ?], entre un passé et une projection [écran = cadre du passé / miroir = projection]. Y-l est sans doute partie physiquement mais pas psychologiquement (la jeune femme comme projection [plan du bus et passage de regard]/comme mélange entre le passé et l’avenir dans un même présent/comme monde de l’enfance et naissance de la conscience adulte dans un même espace).