Les archives Éric Rohmer : pour quelles recherches ?

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Présentation

Les archives Éric Rohmer : pour quelles recherches ?, journée d’étude organisée par le LASLAR (Université de Caen) et l’IMEC, à l’IMEC (abbaye d’Ardenne, Saint-Germain-la-Blanche-Herbe) le 11 mars 2014.

Intervenants

  • Antoine de Baecque (enseignant et historien de cinéma) ;
  • Marina Takami (doctorante en cinéma) ;
  • Philippe Fauvel (doctorant de cinéma) ;
  • David Vasse (enseignant de cinéma à l’Université de Caen).

Résumé

Les archives d’Éric Rohmer conservées à l’IMEC constituent une mine d’exploration exceptionnelle à la mesure de l’œuvre. S’y plonger est même une expérience qui décuple la proximité que ses films ont au fil du temps réussi à entretenir avec leurs plus fervents spectateurs, en adéquation avec un principe de fidélité maintenu d’un bout à l’autre de la création rohmérienne ; fidélité en termes d’écriture, de réalisation et de production. Cette demi-journée d’études sera consacrée à la composition de ces archives, à ce qu’elle nous enseigne sur la démarche d’écriture et de réécriture du cinéaste, sur la gestation de ses films à travers les différentes versions de scénarios. Il s’agira également de voir à quel type de travail se prête l’exploitation de cette foisonnante documentation, quelle recherche celle-ci autorise dans le domaine scientifique et historique.

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Le fonds Éric Rohmer a été déposé à l’IMEC. Il comprend de nombreux documents iconographiques et textuels, manuscrits ou non. Il concerne l’artiste et critique Rohmer, et non l’homme privé Maurice Shérer. Néanmoins, Rohmer utilise aussi d’autres pseudonymes pour ses dessins ou ses musiques. Il y a chez lui un goût du minimal et un fantasme du film « tout seul ». Il a d’ailleurs fondé la Compagnie Éric Rohmer, afin de développer ses « stratégies » de sortie et de maîtriser ses films jusqu’à leur diffusion.

Éric Rohmer a un goût évident pour la pédagogie : le Roberto Rossellini téléaste lui a inspiré sa volonté de transmission, et Rohmer a réalisé des films pédagogiques. Selon le doctorant en cinéma Philippe Fauvel, Rohmer était aussi très attaché à archiver ses travaux, avec une grande méticulosité. En outre, Rohmer aimait l’écriture et la réécriture : son impossibilité à devenir écrivain (son ambition première) fut contournée par la cinéphilie et l’écriture critique. Cette activité critique est complète : animation de revue et de ciné-club, courant théorique parent de la Nouvelle Vague (néanmoins, Rohmer sera évincé des Cahiers du Cinéma par Rivette et Truffaut notamment, à cause de sa ligne politique et éditoriale). Selon l’historien Antoine de Baecque, le travail littéraire de Rohmer marque ainsi son cinéma, et les archives permettent de faire une critique génétique de son œuvre.

Selon la doctorante en cinéma Marina Takami, Éric Rohmer s’est fortement intéressé à la musique (étude, écriture), ce qui a marqué sa cinématographie. Il a commenté et analysé des pièces de musique (notamment Mozart) dans des textes ou des émissions radiophoniques. Il est ainsi l’auteur d’un essai sur la notion de profondeur en musique intitulé De Mozart en Beethoven. Rohmer s’attache également à la « musicalité des images », qui passe par la mise en scène et le montage. Par leur vocalité, les conversations téléphoniques et les accents étrangers ont une place très importante dans ses films. Son œuvre la plus sophistiquée sur la vocalité demeure Les Amours d’Astrée et de Céladon (2007), réalisé en collaboration avec les équipes de l’Ircam qui transforme la voix de l’acteur principal.

Références