Truffaut à la lettre

De Tilde3 wiki
Aller à : navigation, rechercher

Présentation

Truffaut à la lettre, journée d’étude organisée par le LASLAR (Université de Caen), à la Maison de la Recherche en Sciences Humaines, le 10 mars 2016.

Intervenants

  • Arnaud Guigue (essayiste, spécialiste de François Truffaut) ;
  • Barthélémy Guillemet (ATER en études cinématographiques, Université de Caen) ;
  • Julie Wolkenstein (écrivaine et MCF en lettres modernes, Université de Caen).

Résumé

Il s’agira d’étudier la plume de Truffaut, telle qu’elle s’est exercée dans le domaine de la critique, du temps où il brillait par son ton volontiers polémique dans les colonnes de Arts ou des Cahiers du cinéma au cours des années 50, également dans la pratique si privilégiée de l’entretien avec ses grands maîtres élus (Hitchcock, Renoir, Rossellini, etc.), dans celle aussi, et de manière encore plus profonde, de la correspondance, l’échange épistolaire avec bon nombre d’amis et de collaborateurs, une conception si intime de la relation à l’autre qu’elle trouvait à se manifester parfois jusque dans ses fictions.

Live tweet #MRSH160310]

L’héritage d’André Bazin dans les écrits de François Truffaut.

Par Barthélémy Guillemet

Père spirituel des critiques et des cinéastes de la « Nouvelle Vague »[1], le critique André Bazin est une figure tutélaire pour François Truffaut[2].

Selon Guillemet, les principaux points communs entre eux sont :

  • le respect du public, et la considération du cinéma comme art populaire ;
  • une vision exigeante de la critique cinématographique, notamment une connaissance suffisante de l’histoire du cinéma ;
  • un intérêt pour le film « raté », plus révélateur des intentions du cinéaste et plus intéressant à critiquer (Le chef-d’œuvre est irrespirable. — François Truffaut).

Les principales différences entre eux sont :

  • Bazin développe des théories ; Truffaut, des prescriptions ;
  • Contrairement à son aîné, Truffaut cite les personnes qu’il attaque dans ses textes.

Le « Hitchbook » : le dernier film de François Truffaut.

Par Julie Wolkenstein

Le « Hitchbook » est le surnom d’un livre d'entretiens entre Alfred Hitchcock et François Truffaut, réalisés à Los Angeles en 1962[3].

Wolkenstein rappelle que Truffaut, qui a quitté l’école à 14 ans, accorde une grande place à la pédagogie (grands rôles de pédagogues dans ses films), à l’invention, à la transmission (Les Cahiers ont été leur université. — Claude de Givray, à propos de Truffaut et de ses camarades critiques).

Elle souligne les qualités scientifiques et littéraires du « Hitchbook », sa capacité de produire de la théorie à partir de répliques cultes, son exaltation de la subjectivité, de l’effet (comme style et comme affect).

Enfin, elle rappelle l’indifférence voire le mépris de Hitchcock pour la littérature, contrairement à Truffaut.

La correspondance ou l’art de maintenir la bonne distance.

Par Arnaud Guigue

En écho à la pédagogie chez Truffaut, Guigue confirme son souci de clarté et d’explications, sensibles dans ses lettres. Dans sa correspondance[4], Truffaut souhaite clarifier la nature de ses relations, les quiproquos, la loyauté (valeur importante chez lui). Truffaut savait que ses lettres seraient un jour publiées.

Truffaut, mal à l’aise à l’oral, trouve dans sa correspondance une communication idéale, sur un mode identique à celui d’une communication avec les morts. Ces morts, dont la préservation était si importante pour lui[5].

Selon Guigue, la lettre à Godard, perçue comme le cœur de l’ouvrage par les éditeurs de la Correspondance, constitue un hapax, par sa longueur (17 pages) et la dureté de son ton. Selon l’intervenant, elle tient davantage de la correspondance amoureuse, toujours inédite à ce jour.

Références

  1. Jean-Louis Lambert, « André Bazin », Esprit
  2. « François Truffaut à propos d’André Bazin », Apostrophes, Antenne 2, 1983-04-08, 5 minutes 16
  3. Alfred Hitchcock et François Truffaut (assistés d’Helen G. Scott), Hitchcock-Truffaut : édition définitive, Paris : Ramsay, 1983
  4. François Truffaut (direction : Gilles Jacob et Claude de Givray), Correspondance, Renens : 5 continents, Paris : Hatier, 1988
  5. Cf. son film La Chambre verte, 1978

Liens externes