Les lettres dans la pratique de Rohmer

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EN COURS DE RÉDACTION

Pascal couté

Dans Ma nuit chez Maud (1969), Éric Rohmer met en images le « pari » de Pascal, tentative du philosophe français de démontrer l'intérêt d'épouser la foi chrétienne, malgré l'impossible preuve de Dieu. Selon Pascal, le pari en lui-même n'est pas un choix : on ne peut pas ne pas parier. Le pari est lié à l'existence. Dans son film, Éric Rohmer n'adapte pas le fragment écrit de Pascal : il s'agit d'une transposition en images de son propos. Couté rappelle donc que Rohmer n'est pas un philosophe mais qu'il est, comme le dit Gilles Deleuze des metteurs en scène, un penseur en images en mouvement.

Rohmer fait preuve d'ironie, en opposant un catholique qui doute et refuse le rigorisme de Pascal (le personnage principal, joué par Jean-Louis Trintignant[1]), à un marxiste qui parie sur le sens de l'histoire (son ami Vidal, joué par Antoine Vitez). Dans son film, le personnage principal se concentre sur le choix d'une des deux femmes qu'il vient de rencontrer (Françoise et Maud) pour partager sa vie. Il projette un mariage avec Françoise, qu'il a pourtant peu de chance de recroiser. Rohmer transpose donc rigoureusement le pari de Pascal, tout en l'appliquant à des questions terrestres et à un personnage non ciblé par le philosophe (Jean-Louis Trintignant joue en effet un chrétien). Couté y voit presque un blasphème.

Après Ma nuit chez Maud, Éric Rohmer reprend le motif du « pari » de Pascal dans Conte d'hiver (1992). Dans ce film, l'héroïne (Félicie, jouée par Charlotte Véry) a perdu la trace de Charles, son grand amour (joué par Frédéric van den Driessche), et se retrouve partager entre deux hommes, Loïc (Hervé Furic) et Maxence (Michel Voletti). Pascal Couté remarque qu'il y a donc deux paris : un petit et un grand. Le grand pari, c'est de choisir ou non de retrouver Charles. Si c'est non, il reste un petit pari : choisir entre Loïc et Maxence.

Notes et références

  1. Pascal Couté note que le personnage joué par Trintignant n'est nommé ni dans le film, ni dans le générique. Ce pourrait être un moyen de le désincarner.