Rohmer, à la lettre

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Présentation

Rohmer, à la lettre, journée d’étude organisée par le LASLAR (Université de Caen), à la Maison de la Recherche en Sciences Humaines, le 15 octobre 2014.

Intervenants

  • Barthélémy Guillemet (ATER en études cinématographiques, Université de Caen) ;
  • Julie Wolkenstein (écrivain et MCF en lettres modernes, Université de Caen) ;
  • Violaine de Schuytter (agrégée de lettres, docteure en cinéma et critique) ;
  • Alain Bergala (critique, essayiste, cinéaste et commissaire d’exposition).

Résumé

La place et le rôle de la lettre dans les fictions d’Éric Rohmer.

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Précédée la veille de la projection de La Collectionneuse (1967), on a d'abord rappelé que Rohmer a réalisé plusieurs films de commande, commandes qu'il a respectées précisément (comme par exemple Les Cabinets de physique au XVIIIe siècle et Nadja à Paris en 1964), mais pas sans ironie (Place de l'Étoile pour le film collectif Paris vu par… en 1965). Quand les jeunes de la Nouvelle Vague font de leurs premiers essais cinématographiques des essais (d'auteur), le rapport simple et sain à la commande (Guillemet) qu'entretient Rohmer, commande finalement respectée « à la lettre » et couplée à un caractère documentaire et didactique affirmé, positionne le cinéaste derrière son sujet et lui permet de lui appliquer son ton, de se l'approprier.

La lettre est un élément central et récurrent de l'œuvre de Rohmer, permettant la transcriptions vers ses films des livres adaptés. Les lettrés sont également des personnages habituels de sa filmographie ; le cinéaste représentant de nombreuses catégories sociales qu'il a souvent connues (en particulier dans l'enseignement et les domaines intellectuels en général). Bien que ses gens de lettres soient généralement filmés en vacances (Wolkenstein), la littérature est un compagnon voire un moteur de ces films. L'autre forme artistique très influente chez Rohmer, c'est la peinture (La Marquise d'O… (1976), Perceval le Gallois (1978)). Il fait d'ailleurs preuve d'audace pour rendre visibles les descriptions littéraires des teintes.

Bien entendu, cet appétit pictural n'égale pas le goût des mots. Ainsi, le genou touché puis le récit par Jean-Claude Brialy de ce touché dans Le Genou de Claire (1970) est la preuve (d'après le critique Pascal Bonitzer) que Rohmer trouve le cinéma insuffisant face à la littérature. Pour les critiques Noël Herpe et Antoine De Baecque, il s'agit simplement d'une référence aux Confessions de Rousseau. Quant à Julie Wolkenstein, elle songe aux Liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos et à Lolita de Nabokov.

Références