Histoire du musical

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Histoire générale

Si aucune origine n'est précisée, le film est produit aux USA.

Projection : The Merry widow d'Erich Von Stroheim (1925).

  • Le plus grand succès du réalisateur.
  • Liberté prise avec le livret original (par Franz Lehár, 1905).
  • Scène de la valse :
    • Scène-clé de ce film muet, donc évidence de la présence de musique, voire de bruitages dès l'époque du muet.
  • Valse mêlée à un tango (sexualisation).
  • Dialogues (évolutions scénariques dans la scène de danse).

Projection : The Jazz singer d'Alan Crosland (1927).

  • Le premier film parlant est aussi le premier musical.
  • Procédé Vitaphone
Vitaphone
Développé par la Warner.
Le son est gravé sur des galettes.
C'est le premier procédé de synchronisation son/image.

Projection : The Broadway Melody d'Harry Beaumont (1928).

  • Le premier musical de coulisses.
  • Un « vacarme » à la mode auprès du public.
  • Procédé Movietone
Movietone
Développé par la Fox
Le son est intégré à la pellicule.
Ce procédé permet de s'affranchir de la gestion difficile du son en projection avec le procédé Vitaphone.
La post-synchronisation se développe. La prise de son directe, très lourde, réduisait les opérations formelles et les mouvements de caméra. C'est un bond technique énorme et un effet déclencheur sur de nombreux cinéastes (notamment René Clair).

Remarque : Jusqu'ici, le son est toujours justifié dans :

  • des situations réalistes ;
  • un cadre réaliste.

Projection : The Show of shows de John Adolfi (1929, bichrome).

  • Série de segments musicaux sans ligne narrative.
  • Frontalité (un spectacle filmé).
  • Pas d'inventivité dans l'utilisation du son.
  • Facilité de réalisation, et donc lassitude du public.

Projection : The Love Parade d'Ernst Lubitsch (1929).

L'opérette cinématographique :

  • rompt avec le vacarme à la mode des premiers films sonores ;
  • ambitionne une dramaturgie du silence ;
  • Instaure des codes :
    1. l'actrice doit avoir une jolie voix, sinon elle est doublée ;
    2. la technique vocale de l'acteur peut être moins bonne que celle de l'actrice, il doit savoir danser / bouger.

Projection : Monte Carlo d'Ernst Lubitsch (1930).

  • La séquence musicale comme transgression morale possible.
  • Montage rythmique rendu plus efficace avec le son.

Projection : Sous les toits de Paris de René Clair (France, 1930).

  • La tradition musicale française.
  • Une séquence musicale ne nécessite plus la présence d'une scène.
  • Développement de l'integrated musical (la séquence musicale s'intègre naturellement dans le récit).

Projection : Love me tonight de Rouben Mamoulian (1932).

  • Perfection de l'opérette hollywoodienne.
  • La musique est liée au film dès l'ouverture.
    • Logique fantasmée.
    • Fin de la soumission au réalisme.
  • La musique relie les personnages.
Rouben Mamoulian
USA-Arménie, 1897-1987
Actif de 1929 à 1957.
Novateur formel (la voix off en 1930, la caméra subjective…).

Projection : 42nd Street de Lloyd Bacon (1933).

Le propos :

  • Typique du musical de coulisses.
  • Contexte de crise économique aux USA.
    • Impact dramaturgique : des chanteurs/danseurs qui cherchent du travail, qui tentent de monter un spectacle…
    • Une apologie de l'effort.

Le traitement :

  • Réalisme des séquences de répétition.
  • Idéalisation de la séquence finale (réalisée par Busby Berkeley).

Projection : Flying down to Rio de Thornton Freeland (1933).

  • De la danse-spectacle vers la danse-expression / danse-introspection.
  • Des gestes simples, stylisés à l'extrême (le pas devient danse).
  • Avec Fred Astaire.
Fred Astaire
USA, 1899-1987
Actif au cinéma de 1933 à 1981.
Débute comme danseur et chorégraphe à Broadway (fin 10 - début 30).
Est considéré comme un auteur à part entière au cinéma.
Forte influence sur Bob Fosse.

Projection : Gold Diggers of 1933 de Mervyn LeRoy (1933).

Un remake de Gold Diggers of Broadway de Roy Del Ruth (1929), repris aussi dans :

  1. Gold Diggers of 1935 de Busby Berkeley (1935) ;
  2. Gold Diggers of 1937 de Lloyd Bacon (1936) ;
  3. Gold Diggers in Paris de Ray Enright (1938).

Les scènes de spectacle filmé, dirigées par Busby Berkeley, sont profondément cinématographiques :

  • Fin sombre, propos engagé.
  • Effets visuels : fondus enchaînés, jeux de lumières, noirs et blancs extrêmement contrastés (une spécialité de Berkeley).
  • Variabilité des plans et des mouvements de caméra.
    • Montage fluide et rythmé.
    • Impossibilité matérielle :
      • d'être jouées sur scène ;
      • de correspondre à un point de vue de spectateur.

« Ce n'est pas un ballet filmé, mais un pur exercice de mise en scène » (C. Viviani). Il y a une logique fantasmée, inhérente au genre.

Busby Berkeley
USA, 1895-1976
Actif de 1932 à 1949.
Fonction de dance director.
Créateur de la plongée à 90°, dite Berkeley.

Projection : Caravan d'Erik Charell (USA-France-Autriche, 1934).

Un musical particulier :

  • Des acteurs prêts à chanter et danser… mais qui ne le font pas[1] :
    • Un fond musical constant.
    • Une opérette en atmosphère.
  • Les chansons viennent de la bande-son.
  • Même frustration de l'action des personnages.

Donc, le musical ne repose pas sur le nombre de chansons/danses ou l'importance de la musique.

Erik Charell
Allemagne, 1894-1974
Acteur, réalisateur et producteur.
Librettiste de l'opérette L'Auberge du Cheval-Blanc (Berlin, 1930).
Réalise les musical Der Kongreß tanzt (Le Congrès s'amuse) (Allemagne-France, 1931) et Caravan.

Projection : Devdas de P.C. Barua (Inde, 1935).

Un classique du cinéma indien (une dizaine d'adaptations).

Remarque : le film indien est naturellement musical, donc le caractère musical n'est pas déterminant dans la typologie indienne des genres cinématographiques.

Projection : Marinella de Pierre Caron (France, 1935).

Un film de chanteur avec Tino Rossi (1907-1983).

Film de chanteur
Rôle-titre principalement masculin.
Le chanteur est utilisé comme tel (et non comme un acteur).

Projection : Top Hat de Mark Sandrich (1935), avec Fred Astaire (1899-1987).

Le jeu de Fred Astaire :

  • Le caractère spectaculaire importe moins que le caractère intimiste.
  • La danse comme aparté, complicité avec le spectateur.
  • La danse intégrée à sa démarche, à ses mouvements.
  • Contact physique avec la partenaire au fur et à mesure de la danse.

Le travail de Mark Sandrich :

  • Peu de personnalité, donc liberté artistique pour le danseur.
  • Grand technicien.
  • Travaille souvent avec Fred Astaire. A développé spécialement pour lui une caméra légère (proche de la dolly).
Mark Sandrich
USA, 1901-1945
Actif de 1928 à 1943.
Réalisateur, producteur et scénariste.

Projection : Show boat de James Whale (1936).

  • La version de référence d'un classique.
  • Complexité du livret.
  • Thèmes engagés à l'intérieur du genre.

Projection : Snow White de Walt Disney (1937).

  • Le canon du musical animé.
  • Le modèle Disney.

Projection : Sweethearts de W. S. Van Dyke (1938).

Avec Nelson Eddy et Jeanette MacDonald :

  • Un couple à l'écran régulier et bankable.
  • Tournent souvent dans des opérettes filmées, adaptées de la scène.

Par W. S. Van Dyke :

  • Surnommé « One shot Woody » en raison de son efficacité.
  • Ce n'est pas un spécialiste du musical, mais il en a tourné plusieurs avec Jeanette MacDonald.

Projection : The Wizard of Oz de Victor Fleming (crédité) (1939).

  • Un film de producteur (Mervin LeRoy et Arthur Freed (non-crédité)).
  • Tourné par George Cukor, puis Victor Fleming, puis King Vidor.
Arthur Freed
USA, 1894-1973
Parolier et producteur (cinéma et music-hall).
Incarnation de l'âge d'or du cinéma hollywoodien.
La Freed Unit
Équipe débutante d'Arthur Freed à la MGM.
Grands noms : Vincente Minnelli, Gene Kelly, Leonard Bernstein…

Projection : Down Argentine way d'Irving Cummings (1940).

L'Escapism exotique :

  • Pouvoir se changer les idées en temps de guerre.
  • Blocus européen des films étasunien, donc export en Amérique du Sud.

Projection : Cora Terry de Georg Jacoby (1940) et Mademoiselle Swing de Richard Pottier (1942).

  • Imitations des musicals hollywoodiens.
  • Sentiment d'une époque de légèreté qui s'éteint.

Projection : Cabin in the sky de Vincente Minnelli (1943).

  • Premier film de Minnelli.
  • Distribution afro-américaine, avec Lena Horne et Ethel Waters (grandes représentantes de la culture noire américaine).
Vincente Minnelli
USA, 1903-1986
Formation de peintre et de décorateur, puis réalisateur.
Monte des spectacles à Broadway.

Projection : Yolanda and the thief de Vincente Minnelli (1945).

Musical féerique.

  • Se déroule dans une république d'opéra.
  • Rêve et réalité mêlés.
  • Naïveté mais ironie.

Projection : On the town de Stanley Donen et Gene Kelly (1949).

Un succès de Broadway réécrit pour le cinéma.

  • Peu de danseurs.
  • Rituel du dream ballet (une spécialité de la Freed unit).

Gene Kelly approfondit le travail de Fred Astaire, en préservant l'intégralité de la séquence dansée et du corps du danseur.

Différence entre Kelly et Astaire lors des passages musicaux.
Danseur Gene Kelly Fred Astaire
Passage à l'action musicale Explosion Passage en douceur
Retour à l'action dramatique Rupture soudaine Léger débordement

Projection : An American in Paris de Vincente Minnelli (1950), Avec Gene Kelly et Leslie Caron.

  • Influence de The Red shoes de Michael Powell et Emerich Pressburger (GB, 1948).
  • Une utilisation de plus en plus grande du ballet.
    • Intérêt artistique.
    • Caution artistique pour le cinéma.

Projection : Show boat de George Sydney (1951).

  • Créé à Broadway en 1927.
  • Déjà adapté au cinéma :
    • en 1929 par Harry A. Pollard (USA),
    • en 1936 par James Whale (USA).

Les compositeurs :

  • Jerome Kern (1885-1945, créateur du spectacle à Broadway),
  • Cole Porter (1891-1964),
  • George Gershwin (1898-1937).

Certains titres deviennent des classiques. (ex: Ol' man river).

Projection : The Belle of New York de Charles Walters (1952), avec Fred Astaire et Vera-Ellen.

Mise en scène intimiste.

Projection : Les Girls de George Cukor (1957), avec Gene Kelly.

  • Scénario influencé par Rashōmon d'Akira Kurosawa (Japon, 1950).
  • Fin de l'âge d'or hollywoodien.
  • Vieillissement des stars.

Projection : West Side Story de Robert Wise et Jerome Robbins (1957).

  • Musique de Leonard Bernstein (1918-1990) et chorégraphie de Jerome Robbins (1918-1998).
  • Stylisation générale mais réalisme : une fusion parfaite, un aboutissement du code.

Après West Side Story, le film musical devient exception, évènement. Les choix des sujets se réduisent aux adaptations et reconstitutions fidèles de spectacles. Les sujets originaux deviennent une prise de risques.

Projection : Gypsy de Mervin LeRoy (1962).

  • Issu du classique de la scène musicale Gypsy: a musical fable (Broadway, 1959).
  • Livret de Stephen Sondheim (1930) et musique de Jerome Robbins.
  • Un caractère de music-hall assumé :
    • théâtralité ;
    • stylisation.

Le film est inspiré de la vie de Gipsy Rose Lee (créatrice du stip tease suggestif), mais toute l'action est portée par Rose, sa mère. C'est un scénario complexe, d'une grande profondeur psychologique (frustration, difficulté des rapports mère/fille), qui se résout dans le numéro final.

Projection : My fair lady de George Cukor (1964).

  • Basé sur la pièce Pygmalion de George Bernard Shaw (1914).
  • Costumes de Cecil Beaton :
    • Grande réputation auprès de la haute société britannique.
    • Rigidité. Très peu de liberté pour Cukor.

Une rigidité générale :

  • du contexte de production ;
  • du sujet (prison sociale) ;
  • de la forme :
    • théâtralité ;
    • enfermement par le décor ;
    • virtuosité et précision.

Projection : Star! de Robert Wise (1968).

Audace de la forme :

  • construction en trois actes (mini-opéras, totalement musicaux) ;
  • numéros musicaux très spectaculaires ;
  • volonté de sortir des balises de l'adaptation, mais le film a été un échec.

Projection : Cabaret de Bob Fosse (1972).

Gravité du sujet :

  • la montée du nazisme ;
  • des histoires d'amour contrariées ou brisées.

Dans son traitement :

  • Évolutions distinctes de l'action dramatique et des scènes de cabaret.
    • pas de mélange ;
    • pas de fluidité ;
    • rupture, fragmentation.
  • Baroque insistant et ironie du propos.

Travail chorégraphique :

  • Désarticulation.
  • Mouvements originaux et infimes, accentués par l'image.
  • Recherche d'une forme idéale.
Bob Fosse
USA, 1927-1987
Actif de 1969 à 1983 (cinéma).
Chorégraphe et metteur en scène.
Influencé par Federico Fellini (travail régulier avec le même chef opérateur, Giuseppe Rotunno) et par Jerome Robbins.

Projection : Pennies from Heaven de Herbert Ross (1981), sur un scénario de Dennis Potter.

Se passe durant la crise de 1929 en Grande-Bretagne :

  • Une réalité sordide face à la courte illusion des chansons (le rôle des musicals dans la mémoire du spectateur).
  • Un isolement des personnages (influence graphique d'Edward Hopper (1882-1967)).

Projection : Chicago de Rob Marshall (2002).

  • Adapté d'une comédie musicale de Bob Fosse et Fred Ebb.
  • Le spectacle comme espace mental :
    • abolition du réalisme ;
    • acceptation complète de l'artifice et de la cassure.

Le musical en France

Le musical en France est considéré comme l'imitation d'un genre étasunien. Pourtant, le musical français est né de la tradition de l'opérette.

Projection : Sous les toits de Paris de René Clair (1930).

René Clair
France, 1898-1981
Avant-gardiste durant le muet.
Populiste (au sens littéraire) durant le parlant.

Projection : La crise est finie de Robert Siodmak (1934).

Inspiration du musical étasunien.

Projection : La Belle équipe (1936) et Pépé le moko (1937) de Julien Duvivier.

  • Jean Gabin (chanteur de music-hall dans les années 20) tient le rôle principal des deux films.
  • La séquence musicale :
    • révèle un aspect de la personnalité ;
    • participe à la dramaturgie ;
    • peut se substituer au dialogue.

Projection : La Valse de Paris de Marcel Achard (1950).

Ambitions artistiques difficilement satisfaites par les interprètes de La Valse de Paris :

  • Pierre Fresnay (1897-1975) ne sait ni chanter, ni danser.
  • Yvonne Printemps (1894-1977) n'est plus assez jeune.
Marcel ACHARD
France, 1899-1974
Amoureux du spectacle musical.

Projection : Les Demoiselles de Rochefort de Jacques Demy (1967).

Assimilation d'une tradition étasunienne du musical.

Le musical en Italie

Une tradition

  • Mélange traditionnel de la musique et de la dramaturgie.
  • Influence napolitaine :
    • venue du parler napolitain ;
    • venue de la chanson des rues.
  • Après la Seconde Guerre Mondiale, forte influence du spectacle musical étasunien mêlée à la tradition italienne.

Projection : Carosello Napoletano d'Ettore Giannini (1953).

  • Champ : décor de théâtre.
  • Contrechamp : décor réel.

La sceneggiata

Une forme musicale napolitaine très populaire, proche du mélodrame.

Structure

La sceneggiata met en scène une chanson populaire, qui sert de leitmotiv au spectacle. D'autres chansons populaires interviennent. Le chœur du spectacle et le public reprennent ensemble le leitmotiv.

Composantes

  • Conflit familial.
  • Mariage contrarié.
  • Maladie.
  • Miracle.
  • Présence du femminiello, un homme travesti en femme. Personnage-type de la sceneggiata mais aussi de la société napolitaine. Respecté et réputé amener la chance.

Projection : Giuramento d'Alphonso Brescia (1982).

La sceneggiata fait également chanter la salle de cinéma.

Le musical allemand

Si aucune origine n'est précisée, le film est produit en Allemagne.

Allemagne, Autriche, Hongrie :

  • Une grande culture musicale.
  • Un foyer de l'opéra et de l'opérette.

Projection : Der Kongreß tanzt d'Erik Charell (1931).

  • Fluidité.
  • Contagion de la musicalité (la chanson est reportée sur un figurant).

Projection : Premiere de Géza von Bolváry (Autriche, 1937), avec Zarah Leander.

  • Imitation du modèle hollywoodien (notamment Busby Berkeley).
    • Stratégie commerciale.
    • Politique nazie de concurrencer les productions états-uniennes.
Zarah Leander
Suède, 1907-1981
Active au cinéma de 1931 à 1966.
Une remplaçante aux stars expatriées (origine suédoise comme Greta Garbo, voix et sensualité proche de Marlène Dietrich).

Le musical britannique

Avant la Seconde Guerre Mondiale, les musicals sont souvent tournés en anglais, allemand et français.

Projection : The Boy Friend de Ken Russell (GB-USA, 1971).

  • Pastiche des films musicaux des années 30.
  • Référence aux séquences à effet du musical.
  • Avec l'icône Twiggy.

Le musical en Inde

Un problème dans la définition du genre

Le musical n'est pas un genre du cinéma indien (dit « cinéma bollywoodien » en Occident). En effet, la musicalité est une caractéristique de la cinématographie indienne. Il n'existe que peu de films non-musicaux, souvent inspirés du cinéma occidental.

La notion de « kitsch » n'a également aucune valeur dans ce cinéma, puisque l'esthétique répond d'une codification culturelle particulière.

Origine et principe

À l'origine, les numéros sont courts et nombreux, et uniquement chantés. Dès les années 40[2], le doublage des acteurs favorise les passages dansés. Les numéros sont moins nombreux mais beaucoup plus longs. Sous l'influence occidentale, ils tendent à devenir le clou du film. Leur importance fait qu'ils peuvent être tournés par des réalisateurs particuliers.

Les films sont principalement produits à Bombay et à Calcutta.

Esthétique

L'esthétique du film musical indien :

  • trouve son origine au théâtre ;
  • s'épuise avec les débuts du cinéma ;
  • renaît avec le cinéma sonore.

Ainsi, les films deviennent de plus en plus typés culturellement.

En outre, les séquences musicales se placent dans une topologie et une chronologie mentale, fantasmée. Lors d'un numéro, certains acteurs peuvent être « remplacés » à l'image, de manière évidente, par un second rôle (un « principe de substitution » (C. Viviani)).

Enfin, les ruptures de ton et le mélange des genres sont :

  • notoires ;
  • conseillées par les règles de la dramaturgie.

Les paroles

Les paroles sont conçues comme des poèmes. Leur place est importante mais s'est réduite sous l'influence occidentale.

Le chant et la danse

Le chant et la danse ne font pas offices de moteurs au récit ou à la psychologie des personnages. Ils traduisent plutôt une réalité de la société indienne :

  • La répétition, le rituel.
  • La passion étouffée, l'interdit.

Ils sont un détournement du code.

Importance du symbolique

Le cinéma indien est un cinéma de symboles :

  • symbolique des couleurs ;
  • symbolique des gestes ;
  • costumes et coiffures signifiants.

Projection : Veer-Zaara de Yash Chopra (2004).

  • Une histoire d'amour contrariée (une constante dans les récits indiens).
  • Le conflit Inde/Pakistan en filigrane.

Érotisme

  • Baiser (quasiment jamais sur la bouche).
  • Détournement du voile nuptial.

Projection : Dil-se de Mani Ratnam (1998).

  • Musique d'A. R. Rahman (né en 1966)[3].
  • Sujet amoureux et politique mêlé.

Visionner la scène de la danse sur le train.

Projection : Khal Nayak de Subhash Ghai (1994).

Des prises de vue virevoletantes, proches de Busby Berkeley.

L'acteur (ou actrice) indien

L'acteur ne cherche pas à prouver son talent en changeant de registre (typique de l'acteur occidental), mais répète les mêmes rôles. Les acteurs principaux n'incarnent pas des personnages exemplaires.

Raj Kapoor
Inde, 1924-1988
A beaucoup joué avec Nargis (1929-1981).
A réalisé de nombreux films.
A inventé le motif du sari mouillé, détournant ainsi l'interdiction de montrer la peau.

Notes

  1. Un principe repris dans One from the heart de Francis Ford Coppola (1982).
  2. L'Inde devient indépendante en 1947
  3. A. R. Rahman est l'un des plus grands compositeurs de musique de films indien (en hindi ou en tamoul). Originaire de Chennai (l'ancienne Madras) dans le Tamil Nadu (Inde du sud), il a notamment composé la musique de Slumdog Millionnaire pour laquelle il a reçu de nombreuses récompenses internationales. Il est par ailleurs largement récompensé dans les festivals indiens du nord au sud.