L'Université et la ville

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Présentation

L’Université et la ville : formes et significations symboliques des espaces universitaires caennais de la Reconstruction, conférence organisée par l’association « Les amis de l’université », 2015-06-08.

Résumé

La reconstruction de l’Université de Caen après la guerre et les caractéristiques qui en faisaient alors un établissement universitaire unique en France. Son insertion dans le tissu urbain, l’organisation de son campus et des formes architecturales lui confèrent une spécificité que révèle notamment l’analyse des dimensions symboliques de ce lieu.

Intervenante

Anne-Marie Fixot, professeure honoraire de géographie (Université de Caen - Normandie)

Introduction

Selon Fixot, faire de la géographie c’est :

  • penser les liens entre les individus et leur espace ;
  • interpréter les signes spatiaux pour retracer une histoire de ces espaces.

La reconstruction de l’Université de Caen

Après la Seconde Guerre mondiale, l’enjeu est de reconstruire une université de prestige face aux tensions politiques renaissantes, ainsi qu’aux volontés plus conservatrices de reformer une université provinciale, adaptée aux effectifs d’avant-guerre.

Détruite lors de bombardements en 1944, l’Université de Caen entame sa reconstruction dès 1948 puis inaugure ses nouveaux locaux en 1957.

Acteurs de la reconstruction

Les organismes à l’origine du projet de reconstruction sont :

  • l’Éducation nationale ;
  • les instances de l’Université ;
  • la Mairie de Caen ;
  • le Ministère de la Reconstruction et de l’Urbanisme (MRU).

Les architectes en chef sont Henry Bernard et Paul Tournon. Le recteur de l’Université est Pierre Daure. Le maire de Caen Yves Guillou et l’historien Michel de Boüard participent également à cette reconstruction.

Choix architecturaux

L’Université se veut dans l’axe du donjon du château ducal, figurant son attachement à une histoire locale et occidentale (Caen est alors considérée comme l’Athènes normande du XVIe siècle). Un temps, les architectes prévoient même d’investir le Château de leurs bâtiments. Il en demeure l’usage de la fameuse pierre de Caen et le « donjon » de l’Université, c’est-à-dire les magasins de la bibliothèque Droit/Lettres, concentration des savoirs.

D’un autre côté, l’Université n’est pas clôturée, figurant son ouverture à l’international et dans la ville (volonté de faire de Caen une ville saine pour la jeunesse). Grandes origine et destinée sont donc dévolues à la nouvelle Université (L’avenir rejoignant l’Histoire, Michel De Boüard).

La composition de l’Université de Caen s’inspire de celle du Château de Versailles (classicisme) : les dimensions de la Galerie vitrée sont celles de la Galerie des Glaces (73 × 10,50 mètres), et derrière les bâtiments universitaires se dressent les espaces verts. En revanche, l’interpénétration de l’espace universitaire et urbain — alors unique en France — s’inspire des facultés anglo-saxonnes. En outre, il subsiste dans les plans de l’Université des inspirations régionalistes, notamment dans l’architecture des cités étudiantes (qui suivront finalement le modèle des cités HLM en développement à l’époque).

Après la guerre, 80% de la ville est détruite. la voie de déblaiement utilisée par les bulldozers forme la voie triomphale, qui deviendra l’avenue du Six-juin. Elle se trouve dans l’axe du Château et de l’Université. À l’époque, les grands défis des urbanistes de Caen sont l’asséchement et la salubrité de la ville. Les architectes s’inspirent alors du modèle de l’oppidum et construisent l’Université en hauteur. Enfin, son architecture géométrique répond à une politique sécuritaire comme à l’affirmation de sa modernité.

Voir aussi